VOICI 8 TECHNIQUES A ADOPTER POUR ÉVITER LA MORT DES LAPEREAUX AVANT LE  SEVRAGE

VOICI 8 TECHNIQUES A ADOPTER POUR ÉVITER LA MORT DES LAPEREAUX AVANT LE SEVRAGE

août 4, 2019 2 Par Estelle Bomia

Nous le savons tous : augmenter le nombre de lapins dans votre élevage dépend entièrement de la production des lapereaux …Autrement dit s’il n’y a pas de lapereaux  on ne peut parler « d’élevage », ni de renouvellement de reproducteurs, ni  d’accroissement du cheptel.

Malheureusement la mort des lapereaux avant le sevrage est un fléau qui touche et accable presque tous les cuniculteurs. D’ailleurs certains d’entre vous qui me suivent depuis mon compte Instagram et sur ma chaine Youtube m’ont plusieurs fois interpellé pour savoir comment y remédier. Mais hélas je n’en suis pas exempté…En toute sincérité, tout comme vous, j’ai aussi perdu des lapereaux jour par jour du fait de ma négligence…Mais j’ai appris de mes erreurs et j’ai trouvé des solutions : ASTUCES ET TECHNIQUES qui ont permis à mes futurs lapereaux de survivre jusqu’au sevrage et que j’aimerais partager avec vous dans les lignes qui suivent.

C’est ce qui  fera l’objet de notre échange aujourd’hui.  Je vous souhaite donc à tous et à toutes, passionnés d’élevage, très bonne lecture !

Pour que cet article soit plus compréhensif pour mieux en tirer profit , nous parlerons en premier lieu des causes de la mort des lapereaux et ensuite des solutions qui y remédient. Qu’en dites-vous ?  TOP c’est partit !

CAUSE N° 1 : L’ABSENCE DE LA BOITE A NID

Je dirais que l’absence de la boite à nid est la raison principale de la mort des lapereaux.

Tout être vivant (Humain et espèces animales)  avant la naissance de sa progéniture, s’attèle à lui préparer un nid ou un «  trouceau »  pour son  bien être et sa  sécurité physique. Qui dit nid dit chaleur et confort.  Il en va de même pour le lapin. En absence de la boite à nid  et de toutes les autres commodités qui font de la mise bas une réussite, la lapine gestante mettra bas dans sa loge à elle avec possibilité d’abandon. Les lapereaux  seront donc rejetés par la mère, livrés à eux même et exposés à tout danger (faim, froid, prédateurs rats…Mort !)

Comment donc y remédier ?

Solutions : LA PRÉPARATION DE LA BOITE A NID

Trois jours avant la date présumée de la mise bas (La durée de la gestation est de 31 jours en moyenne plus ou moins 1 journée ) l’éleveur doit installer une boîte à nid en bois si possible  ,propre, désinfectée et garnie de copeaux de bois, de paille ou d’un foin de graminées bien sec, à l’intérieur ou à l’extérieur de la cage-mère. L’éleveur ne doit pas oublier d’ouvrir la boîte à nid en fin d’installation, pour que la femelle puisse y aménager elle-même  le nid. 

La lapine en fin de gestation va alors arracher des poils de son abdomen et de ses flancs pour les mélanger à la litière et constituer un nid confortable et chaud. Les petits seront dans ce cas de figure bien au chaud et en sécurité et leur survie est à moitié garantie !

Pourquoi à moitié ? Parce qu’il y a encore d’autres raisons qui sont à l’origine de  leur mort :

ATTITUDES A ADOPTER PAR L’ÉLEVEUR APRÈS LA MISE BAS

Cher passionné, retiens ceci une bonne fois pour toute : La survie des lapereaux dépend à 99,999%  de toi ! Oui leur survie dépend UNIQUEMENT de toi !  Je sais cela peut te sembler étrange mais après lecture de ce qui suit tu comprendras !

CAUSE N°2 : LES ACCIDENTS A LA MISE BAS

*Accident N°1 : Abandon des portées : Avant de mettre bas, certaines lapines ne s’arrachent pas les poils pour faire leur nid. Cette anomalie est plus fréquente lors de la première portée d’une jeune lapine. Dans ces conditions, la femelle généralement n’allaite pas ces petits et les laisse mourir. Il s’agit d’un mauvais comportement maternel.

Solutions : Dans ce cas, Il est alors recommandé de faire adopter par d’autres lapines, les lapereaux de la portée abandonnée. En cas de récidive, la lapine est à réformer.  Pour éviter tout cas d’abandon, il est aussi conseillé de ne pas toucher les lapereaux (sinon se munir d’un gant) afin d’éviter dans le nid toute odeur étrangère à celle de leur mère (odeur humaine) …

Et j’avoue que, cher ami, ceci a été ma plus grosse erreur jamais commise en élevage : J’ai touché les lapereaux  avec ma main et la lapine les a par la suite rejetés. Elle a cessé de les allaiter. En moins de 48H J’ai perdu 4 /8 lapereaux âgés de 2 jours environ suite à une sous alimentation et une déshydration  atroce. Mais j’ai pu sauver les 4 autres grâce à une vielle méthode traditionnelle que vous connaissez surement et qui consiste à recueillir l’urine de la mère et à  l’étaler sur la peau des lapereaux. Du fait de l’odeur de son urine, elle pourra ainsi les reconnaitre comme sa progéniture et en prendre soin.

L’adoption des lapereaux

L’adoption consiste à faire élever par une femelle un ou plusieurs lapereaux d’une autre portée, née à 2 jours d’intervalle au maximum. Elle est possible en cas d’abandon par la mère de ses lapereaux ou à la suite de la mort de la femelle, en cas de refus d’allaitement ou d’allaitement insuffisant. Mais l’adoption permet surtout d’égaliser les tailles des portées ou de répartir rationnellement les lapereaux afin de favoriser un allaitement régulier. Les lapereaux à adopter seront pris dans les portées de taille égales ou supérieures à 7 lapereaux. On les choisira parmi les plus vigoureux de la portée d’origine afin de favoriser leur adaptation dans leur nouvelle portée qui aura moins de 7 lapereaux et donc des lapereaux également vigoureux. On conseille de ne pas faire adopter plus de 2 lapereaux supplémentaires à une lapine. La réussite de l’adoption sera facilitée s’il est possible de fermer le nid pendant 24 heures, donc d’empêcher l’accès de la femelle pendant ce temps. Ceci est rendu possible par le fait que la lapine n’allaite normalement ses petits qu’une fois par jour.

*Accident N°2 : Cannibalisme : Il peut arriver que des lapines dévorent leurs lapereaux à la naissance.

La lapine met bas généralement la nuit. La mise bas dure généralement 15 à 20 minutes pour l’ensemble de la portée. Les premiers nés commencent à téter leur mère pendant que celle-ci termine de mettre bas.

A la naissance, les lapereaux ont le corps nu (= glabre) et les yeux fermés. Aussitôt après la mise bas, la femelle mange le placenta (enveloppes embryonnaires), ce qui est un réflexe normal. Mais c’est à cet instant que peut survenir un autre problème : le cannibalisme.

C’est une expérience que j’ai vécue proprement dit. Ma lapine, après sa mise bas avait dévoré entièrement l’oreille droit d’un des lapereaux qui bien sûr n’a pas survécu aux blessures. Et après plusieurs recherches j’ai constaté que c’est un cas assez fréquent en cuniculture.

Alors, qu’est ce qui peut bien pousser une lapine à dévorer ses propres petits ?

Le plus souvent, ce sont des cas isolés, en particulier lorsque la mère n’a pas mis bas dans sa boite à nid et que les lapereaux sont déjà presque froids. Il est peu fréquent que la lapine récidive à la portée suivante, mais dans ce cas il faut l’éliminer. Si ce phénomène est observé chez plusieurs lapines à la même période, ce comportement peut être du à une erreur alimentaire : abreuvement insuffisant au moment de la mise bas ou  Teneur insuffisante de la ration en protéines. Alors comment y remédier ?

C’est ici qu’apparait donc l’acteur principal : TOI !

Solutions : SATISFAIRE LES BESOINS ALIMENTAIRES DE LA LAPINE

Contrairement à ce que bon nombre d’éleveurs pensent, le lapin boit beaucoup d’eau. La lapine allaitante boit 2 à 2,5 fois plus d’eau qu’elle ne mange d’aliment. Comme celle des humains, cette eau doit être potable pour ne pas entraîner de maladies. Si l’eau est sale, même s’il a soif, le lapin ne boit pas. En effet, la soif occasionnée par les efforts fournis lors de la mise bas peut emmener la lapine à dévorer l’un ou plusieurs de ses petits s’il n’ya pas d’eau à sa portée.  L’éleveur a donc la responsabilité de combler les besoins de la lapine gestante en eau potable. Surtout le jour présumé de la mise bas, elle ne doit manquer en aucun cas d’eau : 0,6 à 0,7 litres d’eau pour une lapine.

* Accident N°3 : Mise bas en dehors de la boîte à nid : Les mises bas en dehors de la boîte à nid sont souvent dues à l’inconfort de la femelle dans cette boîte (mauvaise accessibilité, manque de quiétude, présence de souris dans la boite à nid,etc…). C’est un comportement possible chez les femelles primipares.Solutions : Certes, une boite à nid est installée mais il est fort capital qu’elle soit construite de façon à favoriser le confort de la lapine lors de la mise bas et au cours de l’allaitement. (Comment construire une boite à nid ? nous en parlerons dans l’article suivant).

*Accident N°4 : Mortalité des lapines autour de la période de mise bas

Il n’est pas rare que des lapines meurent brutalement en fin de gestation ou dans les jours suivant la mise bas. En général ce sont des jeunes femelles en assez bonne santé apparente autour de la 2e ou de la 3e mise bas, et rien ne laisse prévoir leur mort. Aucun signal d’alarme n’est visible.

Solutions : C’est une maladie métabolique et il n’y a aucun traitement. Si le phénomène prend de l’ampleur, il convient d’allonger le délai mise bas – saille suivante au début de la carrière des lapines et de limiter la taille de la portée des lapines primipares (1ères portées) à 1 ou 2 lapereaux en dessous de la taille moyenne des portées à la naissance observée de l’élevage. Dans le cas contraire, faire adopter les lapereaux de la lapine par une autre.

CAUSE N°3 : LE NON RESPECT DES NORMES ET RÈGLES D’HYGIÈNE

La qualité et l’hygiène défectueuses de l’environnement immédiat de la portée peut s’avérer être une cause de mortalité chez les lapereaux : une boite à nid impropre et non désinfectée et les lapereaux morts non retirés du nid peuvent être responsables de nombreuses maladies.

Solutions : La surveillance des lapereaux sous la mère : Il est important d’effectuer un contrôle journalier, les deux premières semaines, pour déceler rapidement les lapereaux morts et les retirer de la boîte à nid. Elle doit toujours contenir une litière propre et dense.

Moi par exemple, je change la litière (herbes  secs)  et je désinfecte la boite à nid à l’eau de javel CHAQUE JOUR à cause de l’urine des lapereaux.

Lapereaux de 3 jours couchés dans une boite à nid avec une litière fait de gazons sec
Lapereaux de 3 semaines commençant à quitter le nid

CAUSE N°4 :  ALLAITEMENT INSUFFISANT

Il est très souvent fréquent de constater un allaitement insuffisant des lapereaux, dus aux mammites (maladie des lapines allaitantes) ou à une ration trop pauvre en protéines ou à un défaut d’abreuvement.

Solutions :     Une fois de plus, ne jamais manquer d’abreuver quotidiennement la lapine.

Dans ce cas d’allaitement insuffisant, moi j’ai opté pour l’allaitement contrôlé. C’est une méthode que j’ai trouvé trop TOP !  Comment s’y prendre ?

L’allaitement contrôlé est une technique très intéressante née de l’observation du comportement des lapines sauvages. La lapine ne visite ses lapereaux dans le terrier qu’une fois par jour pour les allaiter. La tétée dure alors quelques minutes seulement.

Alors pourquoi ne pas en faire de même en élevage rationnel ?  

Pendant les 15 à 20 jours suivant la mise bas, l’éleveur donnera, à la lapine, accès au nid 15 à 30 minutes par jour. Il peut aussi se contenter de ne le faire aussi que quelques jours après la mise bas. Il contrôlera ensuite la portée et repérera facilement le ou les lapereaux qui n’ont pas suffisamment tété. Le lapereau en bonne santé, en effet, a le ventre rebondi. Dans les 4-5 jours qui suivent la naissance on peut même voir le lait dans l’estomac à travers la paroi abdominale encore fine. L’allaitement contrôlé est plus facile avec des boîtes à nid extérieures, munies d’une trappe de fermeture. Mais certains éleveurs placent les boîtes à nid, chaque matin dans les cages, puis les stockent empilées dans un coin abrité de l’élevage. La technique de l’allaitement contrôlé présente plusieurs avantages :

• bon confort du nid,

• meilleure hygiène, les lapines ne peuvent pas uriner ou faire leurs crottes dans le nid,

• égalisation des portées et adoptions plus aisées, meilleure régularité des lapereaux, tri et élimination plus faciles.

Dans ma ferme « Elevage de Estelle », j’ai constaté que ma lapine faisait ses besoins dans la boite à nid ce qui la rendait infecte et  bon nombre de lapereaux n’étaient pas suffisamment allaité et en perdaient souvent la vie. Alors qu’ai-fais de façon pratique ? J’ai pris l’initiative de séparer la boite à nid de la mère  7 JOURS  après la naissance des lapereaux. Je les gardais soigneusement à l’abri du froid dans un coin bien abrité de mon élevage. Et 2 fois par jour, tôt le matin et tard le soir, je plaçais la boite à nid dans la cage mère pendant 30 min pour qu’elle les allaite, ensuite je la retirais soigneusement.  J’arrivais à discerner ainsi ceux qui n’avaient pas suffisamment tété pour les replacer sous la lapine, bien sur quand celle –ci est saisi de force mais avec délicatesses. (J’ai nommé cette technique « allaitement commando »). À voir bientôt la vidéo sur ma chaine YouTube...) MDR…Soyez –en sur cela n’empiète pas sur la santé de la lapine, tout dépend de la façon dont vous la saisissez. Et croyez moi ça marche : Mes lapereaux ont 36 jours aujourd’hui et ma lapine est en parfaite santé !

CAUSE N°5 : LE  SEVRAGE

Hé oui le sevrage peut constituer un risque de mortalité chez les lapereaux.

La séparation des lapereaux de la mère doit avoir lieu environ 33-35 jours après la mise bas lorsque l’éleveur nourrit ses animaux avec un aliment composé. Dans un élevage familial dont l’essentiel de la nourriture est basé sur les fourrages, le sevrage peut être plus tardif et intervenir 40-45 jours après la mise bas. La séparation à 28 jours d’âge est possible mais comporte des risques de mortalité un peu accrue à l’engraissement.

Moi personnellement, mes lapereaux sont sevrés à 35 jours après la mise bas car mon cheptel est nourri essentiellement de granulés et de pain sec. Ce qui favorise selon moi  leur croissance rapide.

En somme :

La plus grande mortalité des lapereaux se situe entre la naissance et le sevrage et surtout au cours de la première semaine. Les principales causes de cette mortalité en climat tropical sont les suivantes :

-Mortalité de la mère lapine

-Défaut de fabrication de la boîte à nid (accès difficile à la lapine ou aux lapereaux, non respect des normes, des règles d’hygiène, etc …)

– Qualité et hygiène défectueuses de l’environnement immédiat de la portée

-Absence ou insuffisance de matériaux pour faire le nid (paille, copeaux, foin, etc…)

– Allaitement insuffisant ou agalactie due aux mammites ou à une ration trop pauvre en protéines ou à un défaut d’abreuvement.

Cette mortalité des lapereaux est principalement située dans la semaine qui suit la naissance (Avant la 4eme semaine) . Elle est favorisée par la fragilité des lapereaux nouveau-nés. En effet, ils naissent le corps glabre (nu), les yeux fermés et avec de faibles capacités à se déplacer. Ils sont très sensibles au froid et à la chaleur. En outre, la mère lapine ne s’occupe pas directement de sa portée en dehors de la défense qu’elle assure parfois, mais pas toujours, à l’entrée de la boîte à nid. Elle leur donne à téter en général une seule fois par 24 heures, en quelques minutes seulement. La survie des lapereaux au nid dépend donc de l’éleveur. Une mortalité de l’ordre de 10 à 15% se situe dans les limites de la « normale », même si des mortalités nettement plus faibles peuvent être obtenues. La finalité de l’élevage étant de produire beaucoup de lapins commercialisables ; l’éleveur doit travailler à réduire constamment les mortalités entre la naissance et le sevrage. Pour ce faire, il doit d’abord bien surveiller la portée pendant les jours qui suivent la naissance, retirer les morts et veiller à ce que la litière reste extrêmement propre. Il doit respecter l’âge du sevrage, tenir compte des facteurs cités plus haut. La pratique de l’adoption des lapereaux dès la naissance avec une réduction de la taille des portées les plus grandes permet de limiter cette mortalité avant sevrage.

As-tu trouvé cet article enrichissant ? SI oui, tu penses qu’il peut aider un de tes amis cuniculteurs ? Alors qu’est ce que tu attends pour le partager ?

Je ne veux pas que, vous mes amis éleveurs, ressentiez ce que j’ai vecu en perdant bon nombre de lapereaux. Cet article est donc pour vous ! Je veux donc un max de partage !

N’oublie pas de me laisser des commentaires et de t’abonner pour être au courant de mes formations gratuites sur l’élevage de lapin !  A très bientôt !!

                                                                                                      Ton Amie Estelle