LES MALADIES DU LAPIN :  TRAITEMENT & PREVENTIONS  – 1ère partie : Les maladies de l’appareil digestif

LES MALADIES DU LAPIN : TRAITEMENT & PREVENTIONS – 1ère partie : Les maladies de l’appareil digestif

juillet 25, 2020 0 Par Estelle Bomia

Hello les passionnés !

Je suis très heureuse de vous retrouver ici sur mon blog et de partager une fois de plus ma passion avec vous au travers de cet nouvel article sur les fréquentes et principales maladies qu’on peut enregistrer dans un élevage cunicole .

Le lapin est un animal fragile. Cette petite boule de poil a besoin de beaucoup de soins, en particulier pour ce qui est de l’hygiène si on veut le maintenir en bonne santé . il est tout à fait primordiale de maintenir un bon état sanitaire de son environnement . Sachant que toute réunion d’animaux dans un espace restreint augmente les risques de microbisme, de parasitisme, de stress, il est nécessaire de
connaître les maladies les plus courantes des lapins d’élevage. Cela permet d’envisager de les traiter mais surtout d’avoir une action préventive afin d’éviter l’installation des maladies et leur propagation.

Comment donc maintenir un bon état sanitaire dans un élevage de lapins?

Avant de proposer des solutions ou remèdes, il est tout à fait logique de connaitre d’abord les causes et les symptômes de ces maladies. Le plus important selon moi, le maintient d’un cadre saint passe d’abord par l’élimination de toute cause de maladie.

Nous allons donc repartir les maladies du lapin en 5 (cinq) grands groupes:

1 – Les maladies digestives 2 – Les maladies respiratoires 3 – Les maladies externes 4 – Les maladies des reproducteurs 5 – Les maladies virales Pour chaque maladie, nous allons fait mention des causes, des symptômes et des traitements à administrer ( prophylaxie sanitaire et médicale ) . Cette 1ere partie de notre thème abordera les MALADIES DIGESTIVES. Pourquoi elles en premier ? parce qu’en plus d’être les plus fréquentes, l’appareil digestif du lapin est le plus complexe qui soit parmis les lagomorphes.

TOP C’EST PARTIT !!

LES MALADIES DE L’APPAREIL DIGESTIF DU LAPIN

Il faut d’abord noté que chez le lapin, les maladies de l’appareil digestif se traduisent presque toujours par de la diarrhée et sont de plusieurs ordres : psychique, alimentaire et microbien.

  • les causes psychiques
    Le surpeuplement, le changement de personne soignante, les rats, les chiens, les enfants, les bruits violent,
    causent une décharge d’adrénaline qui bloque le péristaltisme intestinal, en particulier au niveau de
    l’évacuation du cæcum. Cela entraîne le développement d’une flore anormale, surtout colibacillaire, ces
    bactéries étant déjà présentes dans le tube digestif mais à faible niveau.
  • les causes alimentaires
    Le déficit de la ration en fibres, ou plus précisément en cellulose et en lignine entraîne un ralentissement du transit digestif et accroît très fortement la sensibilité des lapins aux autres
    facteurs. A défaut d’un aliment complet granulé contenant les bonnes proportions de fibres, les éleveurs
    utilisent souvent de la provende en farine pauvre en fibres. Dans ce cas, un apport complémentaire et
    suffisant d’un fourrage appétant lui même riche en fibres est indispensable.
    Par ailleurs, les matières premières constituant les aliments granulés comme les provendes farineuses peuvent contenir des moisissures et les mycotoxines qu’elles ont produit. C’est malheureusement souvent le cas des tourteaux d’arachide par exemple (présence d’aflatoxines). Les mycotoxines provoquent des arrêts de
    consommation et des diarrhées. Le risque de production de mycotoxines est particulièrement important
    lorsque les matières premières ou l’aliment préparé ne sont pas stockés dans un milieu bien sec et aéré.
  • les causes infectieuses Des colibacilles ( bactérie que l’on trouve communément dans les intestins des humains et des animaux) sont toujours présents dans le tube digestif des lapins. Cependant, seuls certains d’entre eux sont pathogènes voire très pathogènes. Les salmonelles, les klebsielles peuvent aussi provoquer des diarrhées.

Les principales maladies digestives sont présentées ci-après.

LES COCCIDIOSES

Ce sont les maladies les plus fréquentes et les plus dangereuses chez le lapin, appelée communément  » la maladie du gros ventre  » . Il y a plusieurs formes de coccidioses : La coccidiose intestinale et la coccidiose hépatique. Elles sont provoquées par les coccidies (protozoaires parasites du tube digestif).

Il existe chez le lapin, plusieurs espèces de
coccidies (11 espèces d’Emeria) dont une seule affecte le foie. Les 10 autres parasitent l’intestin.

les symptômes et lésions

  • Pour les coccidioses intestinales, les principaux symptômes rencontrés sont : – le gros ventre chez le lapereau, – une légère diarrhée,
    – amaigrissement, – sous-consommation d’aliment et d’eau, – la mort. Chaque espèce de coccidie a un lieu préférentiel de développement dans le tube digestif (les unes dans le duodénum ou l’iléon, d’autres dans le cæcum ou dans le côlon, …) où elle provoque une réaction de l’épithélium intestinal plus ou moins visible selon l’espèce.
Diarrhée – symptôme de la coccidiose
  • Pour la coccidiose hépatique
    – Celle-ci débute par une forme silencieuse (symptômes non visibles extérieurement) qui dure 15 jours environ -L’amaigrissement survient ensuite avec une augmentation du volume de l’abdomen qui correspond à celle du foie. -La mortalité est rare, mais dans les cas graves, elle survient vers la 5e semaine d’évolution. -Les lésions concernent le foie, avec la présence de nombreux nodules jaunâtres (petits renflements), de formes et
    tailles irrégulières. Attention ! Un foie qui renferme des nodules ne peut être vendu, par contre la carcasse peut être vendue si elle ne renferme par d’autre lésion.

Traitements et préventions des coccidioses

  1. PROPHYLAXIE SANITAIRE ( hygiène )

En cuniculture ou tout autre type d’élevage, l’ hygiène est le moyen préventif le plus efficace contre les maladies. Pour prévenir et éviter la recontamination, il faut : – Utiliser les clapiers dont le sol est fait en grillage ( de bonne qualité). Ils constituent déjà un remède, car les crottes contenant les coccidies tomberont par terre et ne peuvent donc plus recontaminer les animaux. -Les clapiers et les cages doivent être nettoyés régulièrement, séchés au soleil et désinfectés. – Tenir le clapier propre et sec -Avant le renouvellement quotidien de l’eau et de l’aliment, les mangeoires et les abreuvoirs doivent être nettoyés soigneusement.Désinfecter les loges à l’eau chaude ( 80°C )

Grillage propre et sec


Tout lapin étranger de plus de 25 jours doit subir une quarantaine avant d’être introduit dans un élevage.

2. PROPHYLAXIE MÉDICALE

  • TRAITEMENTS PHARMACEUTIQUES

La prévention contre les coccidies se fait généralement juste après le sevrage des lapereaux à l’aide des sulfamides ou d’autres anticoccidiens. Comment s’y prendre ? C’est simple : soit vous incorporez les coccidiostatiques ( anticoccidiens) dans l’aliment, soit dans l’eau de boisson. De toute évidence, ces deux méthodes sont au choix de l’éleveur et constituent un moyen de lutte très efficace contre les coccidies même les plus pathogènes.

  • Ne commencez pas le traitement dès la première mortalité ! car il ne
    pourra sauver que les sujets atteints depuis moins de 7 jours. En dépit du traitement, les lapins atteints depuis
    plus de 7 jours vont continuer de mourir, au moins pendant les 4 premiers jours.
    Les médicaments couramment utilisés contre la coccidiose sont
    principalement des sulfamides:

La Sulfadiméthoxine® : elle est très active à la dose de 0,5 g/litre d’eau de boisson.

Le Trisulmix® : 1g/l d’eau (une cuillère à café pour 5 litres d’eau) pendant 3 jours à titre préventif ou pendant 5 jours à titre curatif.

Le Sulfa 33® : 5ml /litre d’eau pendant 3 jours à titre préventif ou pendant 5 jours à titre curatif

Le Darvisul® : est à administrer pendant 5 jours à la dose d’une cuillerée à café (environ 5 g) dans 5litres d’eau de boisson.
D’autres médicaments anticoccidiens plus nouveaux sont également très efficaces en traitement curatif : le Diclazuril® ou le Tottrazuril®.Amprolium : est à administrer pendant 5 jours à la dose d’une cuillerée à café (environ 5 g) dans 5litres d’eau de boisson.
Pour une efficacité maximale, les précautions à respecter sont les suivantes: – il est nécessaire d’éviter une sous-consommation d’eau médicamenteuse. Les jours de traitement, il convient donc de ne pas donner de
verdure ou de racine.
En cas de préparation d’une pâtée humide (provende mouillée), celle-ci doit être mouillée avec l’eau
médicamenteuse. – NARCOX PLUS : est à administrer pendant 5 jours à la dose d’une cuillerée à café (environ 5 g) dans 5litres d’eau de boisson.

AMPROLIUM
Mon préféré pour éradiquer la coccidiose dan mon élevage

La régularité du traitement est une condition essentielle de son succès. Enfin, il faut savoir que le traitement n’aboutit pas à une guérison définitive.
La meilleure solution est donc de respecter rigoureusement les mesures d’hygiène et de prophylaxie. Il faut aussi savoir que ces médicaments sont aussi agressifs pour le lapin lui même en particulier au niveau rénal, et
que leur utilisation prolongée doit donc être proscrite. C’est une raison pour laquelle d’autres préfèrent les traitements naturels :

  • TRAITEMENTS NATURELS

«  » La nature nous a tout donné «  » comme on le dit souvent . A l’état sauvage, le fourrage étant à l’origine l’aliment principal du lapin, on en trouve parmi des plantes et herbes qui préviennent sans danger les tares dans la santé de nos lapins . Voici donc entre autres quelques astuces naturelles pour prévenir la coccidiose :

– Ajouter du vinaigre de cidre dans les eaux de boissons : 3 cuillères à soupe dans 1 litre d’eau

Vinaigre de Cidre

Huiles essentielles de basilic et de thym : 3 gouttes de chaque pour 60 litres d’eau de boisson

Fleur de Bach ( macérations alcooliques de plantes, dits « élixirs floraux », réalisés à partir des fleurs de trente-sept espèces de plantes, auxquelles s’ajoute l’eau de roche, ce qui donne donc 38 « élixirs » au total) : dilution dans l’eau de boisson

Chlorure de magnésium : entre 50 et 100 grammes pour 10 litres d’eau de boisson, à donner une fois par mois.

Chlorure de magnésium en poudre
soluble dans l’eau

– Préparer les feuilles de papaye avec avec 2 feuilles de Tetradenia, ou Iboza, riparia et servir aux lapins pendant une semaine.

On ne peut vraiment être certain que la maladie dont souffre le lapin est bien celle de la coccidiose hépatique que si on examine son foie. Évidemment, à ce moment-là, il est trop tard pour le soigner ! C’est pourquoi il est prudent de lui donner de temps en temps (1 fois tous les 3 mois) le médicament vermifuge décrit ci-dessus, pendant une semaine, et surtout d’observer la mesure de précaution sanitaire ( hygiène ).

Je crois que nous allons nous arrêter ici pour que vous puissiez bien vous imprégner de cet bref article sur la coccidiose . Le vendredi prochain , nous verrons la suite des maladies digestives .

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Bonne lecture !!