Comment réussir la mise en place des poussins?         3ème partie : APRÈS L’INSTALLATION DES POUSSINS

Comment réussir la mise en place des poussins? 3ème partie : APRÈS L’INSTALLATION DES POUSSINS

février 15, 2019 0 Par Estelle Bomia

Hello à tous les passionnés !

Nous voici à la fin d’une série d’articles sur la phase de démarrage des poulets de chair ! Nous avions parlé au cours des deux premières parties des attitudes à adopter AVANT et PENDANT la réception des poussins. Vous avez été nombreux à les apprécier et je suis sure que vous en tirerez encore plus profit de celui-ci qui abordera les bons réflexes que devraient avoir un aviculteur sur les plans sanitaire, alimentaire et chauffage après l’installation des poussins.

D’abord, avant toute action à mener, , il faut contrôler la qualité des poussins pendant leur installation dans la poussinière ,en vérifiant  :

  • s’il n’y a pas de traces de diarrhées
  • si certains n’ont pas l’abdomen enflé
  • s’il n’y a pas beaucoup de cas de paralysie

Ces différents signes sont révélateurs de maladies. Il ne faut donc pas oublier de toujours procéder aux vérifications ; même si vos fournisseurs et les poussins vous paraissent fiables et dignes de confiance !

Si donc après vérification, le tri a été correcte, ce qui est la moindre des choses pour un élevage sérieux, il n’est pas nécessaire d’accepter plus de poussins que l’effectif prévu.

Durant les premières heures qui suivent la mise en place des poussins, l’aviculteur sera amené à être très attentif sur les différents points de démarrage ( toutes les volailles y compris ) :
leurs possibilités de se chauffer d’abord, de s’abreuver ensuite (eau propre et saine dans des abreuvoirs nettoyés tous les jours) puis s’alimenter et enfin de se reposer sans qu’apparaisse de compétition entre les poussins. Ensuite il faut vérifier s’ils ne sont blottis dans un coin si c’est le cas, régler le chauffage ou vérifier s’ils ne subissent pas un courant d’air.

Dans ce cas, l’éleveur doit adopter la conduite suivante :

1 – LE CHAUFFAGE

 Il faut savoir que pendant les premiers jours de leur vie, les poussins n’ont pas encore de plumes qui les protègent du froid mais uniquement un duvet.  Ainsi, à défaut d’être couvés par la poule mère, ils sont chauffés à l’aide d’un chauffage artificiel. Il s’agit le plus souvent d’un radiant à gaz. Suspendu au dessus des poussins (0.8 à 1 m), il doit être réglé pour procurer une température homogène d’environs 34 degré au sol pendant la 1ère semaine. Ensuite la température est abaissée de 2° chaque semaine jusqu’à la 3ème semaine à partir de laquelle le chauffage est suspendu :

  • La 1ere semaine : 34° à 36°
  • La 2ème semaine : 32° à 34°
  • La 3ème semaine : 30°
  • Ensuite : Température ambiante**
RADIANT A GAZ
RADIANT A GAZ

A cet instant, l’éleveur doit faire montre de ces qualités observatoires :

– Assurer bien les besoins en chaleur des poussins ;
– Vérifier régulièrement le fonctionnement du matériel de chauffage (demi-fût, ampoule, radiant) ;
– Se fier au comportement des animaux sur l’aire d’élevage.
Densité : elle doit être de 40 à 50 poussins par m².
Lumière : il faut éclairer le bâtiment durant 20 à 24h par jour au cours des 2 à 3 premiers jours du démarrage, pour permettre aux poussins de distinguer parfaitement l’aire de l’élevage

        Un chauffage correct des poussins se manifeste par leur répartition homogène  dans la poussinière.

IMPORTANT : Souvent en zone tropicale ou équatoriale, il n’est donc pas nécessaire de chauffer pendant la journée, sauf les premiers jours. Si la température extérieure est forte, il faut soigner l’isolement thermique du bâtiment où se trouve l’éleveuse.

2- L’ÉCLAIRAGE

 Le poulailler doit  être éclairé la nuit pour permettre aux poulets de s’alimenter jour et nuit afin qu’ils croissent et s’engraissent  rapidement.

      Ainsi les 10 premiers jours, l’éclairage se fait 24h/24 à une intensité correspondant à celle de 2 ampoules de 40w pour 500 sujets.

      Par la suite 1 ampoule de 40 w suffit avec une suspension de la lumière pendant 2 heures chaque jour (de 19h à 21h).

       Pendant la première semaine du démarrage, il faut éviter les courants d’air dans le poulailler. Pour cela,  il faut veiller à fermer les ouvertures avec de la toile en plastique ou des sacs vides d’aliment. A partir  de la 2ème semaine on commence à ventiler par des ouvertures progressives.

3- L’ALIMENTATION

Dès que les poussins sont installés, un bon aviculteur devrait avoir le réflexe de :
– Faire boire de l’eau potable 20 à 25°C
– Améliorer l’abreuvement, surtout des poussins déshydratés, en mélangeant 20 g de sucre et 1 g de vitamine C par litre d’eau ;
– Ensuite servir l’aliment après 3 à 4h après la mise en place des poussins ;
– Distribuer les aliments en petite quantité dans les assiettes de démarrage ;
– Servir à chaque fois peu d’aliment mais renouveler l’opération à plusieurs reprises au cours de la journée ;
– Contrôler bien que les poussins s’alimentent normalement en tâtant le jabot qui doit être bien plein.
– A cette phase l’aliment doit être broyé sous forme de miettes (farine fine), être d’un niveau énergétique compris entre 2900 et 3000 Kcal/ kg d’aliment et contenir des protéines à un taux de 22%.

C’est le facteur le plus important et le plus coûteux de tout élevage.

 Il est généralement prévu 3 types d’aliment : l’aliment démarrage, l’aliment croissance et l’aliment finition. Ils sont composés en fonction des besoins nutritionnels du stade de développement du poulet.

     La provende est toujours conditionnée en sacs de 50 kg.

     100 poulets de chair consomment au bout de 45 jours en moyenne :

                       – 50  kg (soit 1 sac) d’aliment de démarrage

                       – 100  kg (soit 2 sacs) d’aliment de croissance

                       – 250 kg (soit 5 sacs d’aliment de finition).

La transition d’un type d’aliment à l’autre doit se faire progressivement. Par exemple pour passer de l’aliment de démarrage à l’aliment poulette, on donne :

  • le 1er  jour   : 2/3 d’aliment démarrage et 1/3 de croissance ;
  • le 2ème jour : 1/2 d’aliment démarrage et 1/2 de croissance ;
  • le 3ème jour : 1/3 d’aliment démarrage et 2/3 de croissance
  • le 4ème jour : de l’aliment croissance uniquement.

 Il s’agit du même scénario quand on passe de l’aliment de croissance à la finition. De toute évidence, l’aliment et l’eau fraîche doivent être disponibles à volonté. L’eau dans les abreuvoirs doit être renouvelée dès qu’elle est salie. Il faut éviter les fuites d’eau dans le poulailler car cela favorise le développement des microbes. Il faut éviter de trop remplir les mangeoires pour éviter que les poulets ne versent l’aliment.

….Dans un prochain article, je parlerai de l’alimentation des volailles dans toute son intégralité.

Pour le moment, abordons pour finir un autre domaine encore plus important :

4- LE PLAN SANITAIRE

Mieux vaut prévenir que guérir ! C’est la règle d’or d’un bon éleveur . Les maladies coûtent cher : même si les bêtes guérissent, elles restent ensuite de peu de rapport pendant assez longtemps ! Il faut donc prendre des précautions préventives . J’en parlerai dans un article : comment maintenir votre ferme en très bonne santé, prévenir et guérir les principales maladies des poulets de chair ! Restez donc connectés !

Sinon, ici je présenterai juste le programme de prophylaxie : C’est l’ensemble des mesures qui permettent de mettre les poulets à l’abri des maladies .Elles sont de 2 ordres :

  • la prophylaxie sanitaire qui est l’ensemble des mesures de propreté : le nettoyage et la désinfection
  • la prophylaxie médicale qui repose sur la vaccination et les traitements préventifs.

      Elle est menée sur la base d’un programme de prophylaxie bien établi :

Programme de prophylaxie entre le 1er et le 21ème jour ( 1)


Jour 1:Vacciner contre la Maladie de Newcastle et la Bronchite Infectieuse et donner un antistress après vaccination. Exemple de produits utilisés: Pestos, Buiral ou bipestos. Administration par trempage de bec..

– Jours 2 et 3: Donner un antistress. Exemple de produits utilisés: colistine+vitamines. Administration: eau de boisson.

– Jours 4, 5 et 6: Administrer un antibiotique pour prévenir les infections surtout digestives, associé à un diurétique hépato – protecteur.
– Jour 7: Vacciner contre la maladie de Gumboro et donner un antistress après vaccination.

– Jours 8, 9 et 10: Donner un complément minéraux + vitamines+ acides aminés+ oligo-éléments, pour prévenir les carences. 

– Jours 11,12 et 13: Administrer un antibiotique pour prévenir les infections surtout digestives et respiratoires, associé à un diurétique hépato – protecteur.

– Jour 14: Faire le rappel vaccinal contre la maladie de Newcastle et la Bronchite Infectieuse et donner un antistress après vaccination.

– Jours 15,16 et 17: Donner un complément minéraux + vitamines+ acides aminés+ oligo-éléments pour prévenir les carences.

– Jours 18,19 et 20: Donner un produit anticoccidien pour prévenir la coccidiose.

– Jour 21: Faire le rappel vaccinal contre la Maladie de Gumboro.

PROGRAMME  DE PROPHYLAXIE  (2)

         Jour                                Opération
             1 Vaccin HB1 + antistress
             2 Antistress
             3 Antistress
             8 Vaccin GUMBORO + antistress
             9 Antistress
           10 Antistress
           21 Rappel HB1 + antistress
           22 Antistress
           23 Antistress
           28 Rappel GUMBORO + antistress
           29 Antistress

Les soins après le 21ème jour 


Pour prévenir les maladies, il faut travailler proprement et appliquer strictement les mesures d’hygiène. Il faut nettoyer les mangeoires et les abreuvoirs chaque jour, et veiller à ce que la litière soit toujours sèche. Il faut utiliser l’anti-stress entre le 21ème et le 25ème jour. Utiliser un hépato protecteur entre le 27ème et le 29ème jour. Et le 30ème jour, utiliser un vermifuge polyvalent comme le citrate de pipérazine. 
Donner des vitamines entre le 31ème et le 34ème jour. Administrer un anticoccidien à mettre dans l’eau de boisson. Entre le 40ème et le 44ème jour, utiliser à nouveau un hépatoprotecteur et des vitamines.

II est conseillé de recourir au plus tôt aux antibiotiques dès qu’on constate quelque malaise respiratoire.
Veiller à ce que les oiseaux grandissent le plus vite possible afin de minimiser la quantité de nourriture consommée.
Ne pas rationner les animaux
Employer une main d’œuvre de qualité. Une main d’œuvre non qualifié est toujours une fausse économie.

CONSEILS :
– Appliquer rigoureusement le programme de prophylaxie recommandé par le Vétérinaire (administration des produits antibiotiques, antiparasitaires, anticoccidiens et vaccins contre les maladies présentes dans la zone) ;
– Informer le Vétérinaire dès que les poussins se portent mal ;
– Pendant les 10 à 15 premiers jours, le taux de mortalité journalier ne doit pas dépasser 0,5%, sinon demander les explications au fournisseur de poussins et faire appel au Vétérinaire.

5- ÉVALUER LES POUSSINS 24h APRÈS LEUR ARRIVÉE

Pourquoi est-ce important ?
Tous les lots de poussins sont différents même s’ils proviennent d’une même génétique. En fonction de l’âge des parents, de leur état sanitaire et nutritionnel, des conditions d’incubation et d’éclosion, du temps et des conditions de transport, les poussins réagissent différemment aux mêmes conditions de démarrage. Le test du jabot 24 heures après la mise en place sur 100 poussins prélevés dans plusieurs endroits du poulailler permet d’objectiver la réussite de l’accueil des poussins.L’objectif est d’atteindre plus de 99% de poussins avec les jabots pleins et mous.

6- Évaluer le démarrage à 7 jours.

L’objectif est de multiplier le poids des poussins par plus de 4 dans les 7 premiers jours. Comme le poids moyen des poussins varie de 33-35 g en début de production à 46-48 g en fin de cycle des parentales, la multiplication par 4 résulte en une fourchette de 135 à 190 g.Au-delà du poids, on estimera l’homogénéité des animaux à l’œil, ou mieux en pesant individuellement 100 poussins. L’aspect du duvet, la rondeur de l’abdomen, la propreté des coussinets plantaires, la brillance et la rondeur de l’œil en disent également très long sur l’état général des poussins et leurs conditions de vie des premiers jours.

Et voilà ! C’est ce que je voulais partager avec vous. Avez-vous quelques choses à ajouter ou d’autres idées à partager avec moi ? Partagez-les dans les commentaires ci-dessous.

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